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Augmentations de salaire : un incontournable pour attirer et fidéliser en 2022 ?

Alors qu’un cadre sur trois envisage de changer d’entreprise en 2022, selon le Cadromètre Randstad Search-Ipsos et que près de 60 % des projets de recrutement sont jugés difficiles par les employeurs, les politiques de rémunération des entreprises sont devenues un levier majeur pour fidéliser et recruter. Avec, en toile de fond, un contexte inflationniste qui impacte profondément le marché du travail.

Salaires des cadres : les augmentations suffiront-elles pour fidéliser ?

Selon le baromètre sur la rémunération des cadres publié par l’APEC fin juin, 46 % des cadres ont obtenu une augmentation de salaire en 2021. Les jeunes cadres ont même été 61 % à être augmentés. Dans un contexte de tensions majeures sur le marché du travail, les hausses de salaire s’avèrent un levier clé de fidélisation des talents. Pour autant, le niveau de satisfaction des cadres en matière de rémunération, notamment des plus jeunes, tend à baisser. 29 % des jeunes cadres s’estiment insatisfaits de leurs conditions salariales. De quoi alimenter les envies de mobilité déjà bien présentes. Un niveau de rémunération plus avantageux est d’ailleurs le critère n°1 pour pousser un cadre à changer d’emploi, selon le « Cadromètre » de Randstad. Et inversement, la moitié des cadres ayant reçu une proposition d’emploi l’ont refusée parce que le salaire était jugé insuffisant !

La rémunération : un levier majeur pour répondre aux difficultés de recrutement dans les secteurs en tension

Selon une étude de la Banque de France sur les hausses de salaires en 2022, les évolutions de salaires négociées dans le cadre des accords de branche ont été proches de 3% cette année, alors qu’elles se situaient aux alentours de 1% les années précédentes. Ces hausses sont particulièrement marquées dans les secteurs qui peinent à recruter. La branche de l’automobile a revalorisé les salaires de 4,5 % en avril 2022. Quant au secteur de l’hôtellerie-restauration, les partenaires sociaux se sont accordés sur une revalorisation de la grille salariale à hauteur de 16,4 % en moyenne depuis janvier 2022. Dans ces branches particulièrement exposées aux difficultés de recrutement (hôtellerie-restauration, coiffure, transports routiers, etc.), les hausses négociées ont été plus importantes que la moyenne (supérieures ou égales à 5%). Face au manque de main d’œuvre, les employeurs ont lâché du lest. Selon la Banque de France, ces augmentations traduisent surtout un effet de rattrapage du niveau du SMIC, car une partie de leur grille de minima était initialement inférieure à ce dernier.

Vers des augmentations de salaires pour tous les salariés ?

Difficultés de recrutement et de fidélisation ne sont pas les seules explications à ces augmentations salariales. Ces dernières s’inscrivent dans un contexte inflationniste bien plus général. La hausse des prix a atteint 5,2 % sur un an, selon les estimations de l’INSEE. C’est du jamais vu depuis plus de 35 ans. Et cela se traduit concrètement par de la perte de pouvoir d’achat : il a baissé de 2,2% chez les ouvriers et 2,7 % chez les cadres selon la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail. Dans ce contexte, les revalorisations salariales sont une solution pour compenser la hausse des prix. Le salaire des agents publics sera ainsi augmenté de 3,5 % à partir du 1 er juillet. Le salaire minimum (SMIC) a été revalorisé le 1er mai 2022. Cette augmentation s’élève à 2,65% suivant ainsi l’évolution à la hausse de l’indice des prix à la consommation. Et dans certains secteurs, les grèves commencent à se multiplier pour réclamer des augmentations de salaires, comme à la SNCF ou à Air France, mais aussi dans des entreprises telles que Marionnaud, Enedis ou Figeac Aéro.

Reste que de nombreux experts en économie mettent en garde contre le danger de la spirale inflationniste. Celle-ci correspond à un phénomène dans lequel les entreprises répercutent les augmentations salariales sur les prix. Résultat : en bout de course, les salariés ne gagnent pas grand-chose en termes de pouvoir d’achat.

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