Pôle Emploi épinglé sur la gestion des cabinets sous-traitants

La Cour des Comptes a épinglé Pôle Emploi sur la mauvaise gestion des ses sous-traitants privés appelés pour l’aider dans le reclassement de personnes en recherche d’emploi.

Depuis plusieurs années déjà, Pôle Emploi fait appel à des organismes de placement privés pour l’aider dans sa tâche. Mais si Pôle Emploi obtient de biens meilleurs résultats dans le reclassement de chômeurs que ses prestataires, ce n’est pas forcément du à la performance de l’organisme mais plutôt à une mauvaise gestion des sous-traitants.

La Cour des Comptes a donc épinglé Pôle Emploi en jugeant qu’il existe «des faiblesses et des dysfonctionnements importants» dans un dispositif «insuffisamment piloté». En effet, pourquoi les prestataires privés délivreraient-ils de moins bons résultats, alors qu’ils sont justement rémunérés en fonction de ceux-ci ? La Cour des Comptes apportes trois éléments de réponse :

1. Une mauvaise sélection des cabinets

 Pôle Emploi recourt bien trop souvent aux prestataires privés les moins chers. Sur chaque appel d’offres, Pôle Emploi choisit les cabinets proposant l’offre de prix la plus intéressante. La Cour affirme que « la sélection des attributaires s’est faite en grande partie sur des prix (…) qui n’ont pas permis de délivrer des prestations de qualité ». Les sages préconisent donc à Pôle Emploi de prendre davantage en compte les prestations techniques dans les critères de sélection.

Dans Le Figaro, un prestataire recalé lors d’un récent appel d’offres confie : « Sur un appel d’offres, nous avions partout la meilleure note technique, mais nous avons été recalés sur les prix. À 45 euros de l’heure, vous ne pouvez pas faire réussir quelqu’un ! »

2. Les cas les plus difficiles sont sous-traités

Pôle Emploi a pendant très longtemps pris l’initiative de confier le reclassement des cas les plus difficiles aux prestataires privés. Cependant, suite à une directive prise en 2012 et applicable en 2015, ces cas bénéficieront d’un renfort interne, tandis que les demandeurs d’emploi les plus autonomes seront confiés aux cabinets privés.

3. Des problèmes de coordination

La Cour des Comptes met en cause également la faiblesse et l’irrégularité des flux de chômeurs transmis aux prestataires par Pôle Emploi. Ces irrégularités ont souvent mis en péril la santé financière de ces prestataires qui, en état de sous-régime, ont vu leur équilibre économique menacé. Sur les 23 plus importants prestataires de ce programme, 12 présentaient des risques de défaillance.

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