Le Big Data reste inexploité dans 95% des entreprises

La société Monetate, spécialisée en optimisation de campagnes en ligne, a publié une infographie montrant le retard acumulé par beaucoup d’entreprises en ce qui concerne l’exploitation des données Big Data. Elles sont encore 39% à reconnaître ne pas l’exploiter suffisamment, et 95% à reconnaître ne pas l’exploiter du tout. Des manquements préjudiciables, quand on considère les avantages que peut apporter une exploitation judicieuse de ces données

Vendre ses données personnelles

Jusqu’à aujourd’hui les entreprises vendent à des annonceurs l’exploitation de données récupérées sur leurs utilisateurs, ce qui permet un ciblage des publicités efficace. Des données personnelles qui pourraient valoir 1000 milliards d’euros sur le marché européen d’ici 2020.

Mais ce système pourrait se voir quelque peu modifié dans les prochaines années. En effet, un étudiant américain a choisi de vendre ses données personnelles au travers d’une campagne sur Kickstarter. Federico Zannier a enregistré durant 50 jours les endroits où il s’est rendu, les sites web qu’il a visité et toutes les trajectoires de ses clics et vend ces données aux annoncers pour 2 dollars par jour.

L’étudiant envisage par la suite de développer un plug-in et une application mobile enregistrant toutes les données de navigation et de géolocalisation des utilisateurs, leur permettant par la suite de vendre leurs données personnelles aux annonceurs.

Si l’idée prend, on peut s’acheminer vers une révolution de la publicité ciblée.

Les prix du e-commerce en question

Les internautes se voient fréquemment proposés, pour un même article deux prix différents calculés en fonction de leur localisation, leur historique de recherche, leur système d’exploitation ou l’heure de la journée.

Si la pratique est assez fortement répandue, elle reste questionnable de points de vue éthiques et légaux. Si proposer deux tarifs différents pour un même produit en fonction de sa localisation reste légal dans la majorité des pays du monde, cet écart devient illégal lorsqu’il est basé sur des critères démographiques ou personnels car il devient discriminatoire.

D’un point de vue éthique, proposer des tarifs plus élevés aux acheteurs naviguant sur Mac peut paraître réducteur et stéréotypé, mais cette pratique a prouvé qu’elle était efficace. Le site Econsultancy.com a pu tester un programme de tracking permettant de varier les prix en fonction du profil de l’acheteur et a constaté une variation positive du panier moyen des achats réalisés sur son store.

Heureusement, ces variations peuvent être aisément combattues en naviguant en mode anonyme ou en effaçant les cookies de son navigateur. Tant qu’il ne s’agit pas de données stockées dans le cloud…

Les français méfiants sur l’utilisation de leurs données personnelles

L’infographie résultant de l’étude réalisée par eclairagepublic.net révèle que les français se montrent encore très prudents vis à vis de l’utilisation qui est faite de leurs données personnelles.

Ainsi, encore 30% des personnes interrogées déclarent prendre des mesures pour préserver leurs données personnelles. Il s’agit du type de profil le plus représenté dans cette étude devant les 22% des personnes se posant des questions sur la confiance accordée aux entreprises privées et publiques. A contrario, 27 % des personnes interrogées estiment pouvoir tirer bénéfice du partage de leurs données.

On apprend également dans l’étude que les sujets jugés les plus personnels sont les dossiers de santé, les amis (?) et le téléphone fixe, loin devant la localisation ou les produits consommés.

Enfin, les principales sources d’inquiétude pour les personnes interrogées sont l’usage des données par des entreprises ou associations, la vente des donées à des tiers et la perte des données par les entreprises. Pour rendre les choses plus acceptables, les solutions plébiscitées sont la possibilité de retirer les données, le fait de pouvoir consulter ces mêmes données et la connaissance exacte des données recueillies.